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La réalité du milieu académique c’est : bosser comme un dingue pendant sa thèse (parfois au mépris de sa santé) avec de faibles chances de trouver un travail ensuite, souvent pas super bien payé. Il me semble que le non-académique offre une qualité de vie bien meilleure. @nachristakis/960211767434665984
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Car au-delà de « l’aventure intellectuelle » de la recherche (où les dés sont en fait pipés, cf. plus bas…), il y a aussi la question de la vie que l’on veut avoir : que veut-on pour *soi* ?
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Ce sont des choses qui ne sont jamais discutées, comme si rester dans le milieu académique était une évidence. Mais non ! D’autant qu’il y a une vie intellectuellement riche dans le non-académique, quoi qu’on en dise…
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Cela me rappelle lorsqu’après mon burnout j’ai annoncé que j’avais arrêté de vouloir continuer dans l’académique. Quelqu’un a réagit en me disant « mais tu vas t’emmerder. Tu vas perdre les avantages ». Et les coûts ? On en parle ?
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Plus généralement, cette remarque (d’un professeur…) m’a fait prendre conscience de l’écart abyssal qu’ont certains sur la réalité du « privé ». Je surveille des offres d’emploi aux USA pour mon après-thèse, et c’est intellectuellement loin d’être pauvre.
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(J’en suis même à me dire qu’en sortant du carcan du publish or perish, quitter le milieu académique est en fait la condition sine qua none pour me donner une *vraie* liberté intellectuelle. Sans avoir à galérer pendant 10 ans de post-doc et autres joyeusetés.)
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Maintenant que j’ai exploré suffisamment le milieu académique, dire que j’en suis déçu est un understatement : - précarité - salaires faibles - publish or perish - hypocrisie des publications - conditions de travail souvent médiocres - peu de reconnaissance sociale - politique
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Sur ces histoires de publication, j’ai entendu un nombre invraisemblable d’anecdotes où un papier est accepté « parce qu’untel connaît l’éditeur », et réciproquement. Où est l’évaluation anonyme par les pairs ?
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Je suis peut-être idéaliste, mais mettre de la politique à cet endroit précis, c’est à mon sens tout simplement abject.
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Le publish or perish est pas mal aussi : peu importe de publier des papiers merdiques tant qu’ils sont publiés. J’ai des exemples de gens (brillants) qui ont fait carrière avec cette stratégie… Là, en tant qu’économiste, je me dis : mon Dieu, les incitations…
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Enfin, je ne suis pas sûr que beaucoup de MCF et professeurs fassent tant de recherche que ça. Non pas parce que ça ne les intéresse pas, mais parce qu’ils n’ont pas/plus le temps : enseignement, réunions, administration, ça bouffe un temps dingue…
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Donc voilà, je ne pense pas que je puisse être ni heureux, ni épanoui dans le milieu académique. Mais ça ne concerne que moi. Je pense en tout cas qu’il faut être clair avec les étudiants qui se lancent en thèse, qu’ils sachent où ils mettent les pieds.
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Et qu’on arrête de les pilonner avec du « en dehors de l’académique, ta thèse/vie sera un échec ». J’ai des *dizaines* d’exemples du contraire sous la main. Et j’espère bien ajouter le mien à la liste !