simardcasanova’s avatarsimardcasanova’s Twitter Archive—№ 9,466

    1. …in reply to @AstronoGeek
      @ThiryArnaud À qui fais-tu référence quand tu parles de « délateurs » ?
  1. …in reply to @simardcasanova
    @ThiryArnaud (Je ne demande pas des noms, mais plutôt j’essaie de comprendre quels comportements tu considères comme de la délation.)
    1. …in reply to @simardcasanova
      @ThiryArnaud Bon, en gros l’idée que j’ai derrière la tête est : est-ce que les « délateurs » sont les personnes qui se disent victimes de untel ou untel, ou est-ce que ce sont les personnes qui, sur la base de ce qu’elles pensent être des preuves, dénoncent des supposés agresseurs ?
      1. …in reply to @simardcasanova
        @ThiryArnaud Les deuxièmes sont des détectives du dimanche et succombent surtout, me semble-t-il, au jeu de la rumeur. Je comprends qu’ils soient férocement critiqués, parce que c’est toujours plus facile d’accuser les autres sans « preuves ».
        1. …in reply to @simardcasanova
          @ThiryArnaud Pour ce qui est des personnes qui se disent victimes d’une agression, il me semble que la situation est beaucoup plus floue/délicate : tout d’abord, est-ce vraiment une agression au sens de la loi, ou un comportement considéré comme déplacé mais légal ?
          1. …in reply to @simardcasanova
            @ThiryArnaud Si le comportement est illégal, il faut pouvoir le prouver devant un tribunal. Et c’est souvent là où le bas blesse, dans les cas d’agressions sexuelles : c’est (très) compliqué à prouver.
            1. …in reply to @simardcasanova
              @ThiryArnaud Une autre dimension est le coût d’une procédure judiciaire, et son incertitude. C’est d’autant plus exacerbé que s’il s’agit de trois messages reçus, est-ce que ça vaut vraiment la peine d’attaquer en justice ? Pas sûr de s’embêter pour « si peu ».
              1. …in reply to @simardcasanova
                @ThiryArnaud Tout ceci rend l’argument selon lequel ça devrait nécessairement se régler devant un tribunal un peu trop « théorique » à mon goût : en théorie, oui, la justice devrait pouvoir être saisie. Mais dans le monde imparfait où nous vivons, cela paraît moins probable.
                1. …in reply to @simardcasanova
                  @ThiryArnaud Du coup, comment faire cesser ces comportements ? C’est au fond une question de régulation sociale, qui est l’une des raisons d’être de la justice. Mais la justice n’est pas le seul outil. Re-enter my old friend: l’immoral plutôt que l’illégal.
                  1. …in reply to @simardcasanova
                    @ThiryArnaud C’est un peu le principe de ces « dénonciations » : on attaque sur d’autres terrains que celui de la justice, en détruisant des réputations. #metoo a en partie fonctionné sur ce principe : ça n’est pas la justice qui a mis Weinstein et Spacey hors d’état de nuire.
                    1. …in reply to @simardcasanova
                      @ThiryArnaud (Il faut avoir en tête que la définition de ce qui est « moral » n’est en général pas universel : certains vont considérer un comportement comme acceptable, d’autres non. La loi a un critère de légal/illégal plus « clair », même si là aussi ça peut se discuter, mais bref.)
                      1. …in reply to @simardcasanova
                        @ThiryArnaud Le problème de se substituer à la justice est les victimes collatérales : des personnes dénoncées sur la foi de rumeurs, voire de mensonges. À l’injustice de la difficulté d’obtenir justice pour les victimes, on substitue une injustice d’innoncents condamnes moralement à tort.
                        1. …in reply to @simardcasanova
                          @ThiryArnaud C’est d’autant plus problématique pour des comportements type drague ou équivalent, sujets à interprétation *des deux côtés*, ce qui peut conduire à des versions d’une même discussion très différentes (il y a des expériences en économie à ce sujet).
                          1. …in reply to @simardcasanova
                            @ThiryArnaud Sauf que qui croire ? D’un côté on prend le risque de ne pas croire une victime, de l’autre on prend le risque d’accuser (moralement, pas judiciairement) un innocent. Il me semble que c’est une situation extrêmement délicate.
                            1. …in reply to @simardcasanova
                              @ThiryArnaud Ça l’est d’autant plus qu’avec les réseaux sociaux, les personnes dénoncées peuvent faire l’objet d’un harcèlement monstrueux. Et cf Weinstein et Spacey, ça peut ruiner des carrières - aucun des deux n’ayant pourtant été condamnés par une cour pour l’instant !
                              1. …in reply to @simardcasanova
                                @ThiryArnaud Tout ça pour dire que si par « délateurs » tu parles de ceux qui propagent des rumeurs à la con, je rejoins ta critique. Si, par contre, il s’agit de victimes, la situation me semble là plus délicate - et très franchement, je ne vois pas comment la résoudre.
                                1. …in reply to @simardcasanova
                                  @ThiryArnaud (J’ai toutefois bien conscience que l’immense proportion des personnes ayant utilisé ce hashtag ne sont *pas* de possibles victimes, mais des gens qui propagent des rumeurs - la seconde catégorie de délateurs en somme...)