-
Super thread à lire ⤵️ Et ça s’applique aussi aux sciences humaines et sociales, où l’on prétend « réfuter la sociologie » à coup de « c’est une discipline de gauchiasses » et « réfuter l’économie » à coup de « c’est une discipline de néo-libéraux de droite » t.co/Fucy7Vqt4H
-
La conflagration de la méthode scientifique et des idéologies de tous ordres n’est pas nouvelle. Et je m’interroge sur le rôle d’Internet : facilitateur, ou simple révélateur de ce qui existait avant mais qu’on ne voyait pas ?
-
Il y aussi derrière le risque du scientisme, que j’ai vu poindre dans un certain nombre de tweets de sceptiques. Mais ça n’est pas parce qu’un fait scientifique est établi qu’il faut en tirer une conséquence politique « évidente ».
-
Un exemple : en économie, on SAIT qu’ouvrir le commerce international augmente la richesse totale, mais est très coûteux pour quelques uns (ceux qui se retrouvent en concurrence avec l’international, pour parler vite). Quelle conclusion politique tirer de ce fait établi ?
-
Plusieurs sont possibles, mais aucune n’est « vraie ». Parce qu’il s’agit de valoriser les gains et les pertes de différents groupes sociaux. On est dans le pur jugement de valeur, et les sciences ne peuvent pas aider plus que permettre d’identifier qui perd/gagne, et combien.
-
Les SHS ont d’après moi un vrai rôle à jouer dans la communauté sceptique en particulier, et la communauté des amateurs de sciences en général (cc @HygieneMentale). Mais ça suppose d’identifier « la bonne histoire » à raconter : celle qui apprendra aux gens sans les brusquer.
-
La matrice pour cadrer (et séparer) faits et opinions existe donc déjà. On en a en fait même plusieurs ! Les économistes n’ont pas la même que les sociologues par exemple, mais les deux fonctionnent (et je ne pense pas qu’il faille les comparer ni les opposer).
-
Je reste persuadé que ces matrices pourraient vraiment aider si elles étaient davantage connues. Il y a encore du boulot devant nous. En attendant, j’ai du linge à étendre.